Et puis tout cela.

J’écris cet article alors que j’ai mal à la tête. Mon cerveau est en manque d’olanzapine et je dois en chercher demain à la pharmacie. Je suis en manque.

J’ai lu aujourd’hui cela : « Les personnes de votre tranche d’âge n’ont pas vécu de traumatismes bouleversants avaient un avantage sur vous. Votre cerveau était concentré sur la survie, et eux étaient libres de grandir et de se développer, vous pouvez vous sentir en retard, mais c’est parce que vous faisiez de votre mieux pour survivre ».

J’ai failli pleurer. Vraiment. Pas d’ironie. J’ai commencé à vivre (un peu) à 18 ans quand je suis allée en faculté.

A toutes ses années de maltraitance, je croyais en à la princesse charmante. Au beau couple que j’allais pouvoir être. A la famille que j’allais pouvoir avoir. A la relation idyllique que j’allais construire.

Ma première relation, vraie relation. 22 ans. J’étais vierge de tout. Et elle m’a méticuleusement détruite. Elle a contribué à ma tentative de suicide. En même temps quand quelqu’un te rabaisse, t’humilie et fait mine de te frapper… comme ton père, ça détruit.

Même ma copine de maintenant m’a touché sans mon consentement au début de notre relation. J’attire les détraqués. En fait, en vrai, j’ai compris qu’il fallait que j’aille au-delà de mon traumatisme. Que je ne le laisse plus me contrôler.

J’ai compris, il y a récemment, que tout passe mais que vous devez rester vous pour demeurer. Vous devez être vous. Je ne sais pas si vous comprendrez mais demeurer soi. Savoir et avoir la pleine mesure de votre destin. A partir du moment on vous savez qui vous êtes, ou vous approchez cette extrémité, personne ne peut vous détruire. Si vous me lisez régulièrement, repenser à la lumière en vous.

Cher mental.

Mon mental, que j’ai longtemps maltraité pour survivre à la violence. Quand j’avais de la colère, je me mettais en colère et je déchargeais toute cette mauvaise énergie.

Je résistais face aux insultes de mon père, je m’obligeais à bosser mes cours, je pensais en faire une force et être forte. Sauf que mon mental me punit maintenant. (Tout ce qui n’est pas exprimé pourri de l’intérieur).

L’apogée de tout ça a été ma tentative de suicide mais surtout ma deuxième rechute. Mon mental me fait comprendre que c’est lui qui gagne et que plus jamais il ne supportera trop.

Quand la soupape est pleine comme maintenant j’ai des envies de péter les plombs et des envies de scarification. Cela est paradoxal mais mon mental me protège. Je ne suis pas faible, je suis forte parce que je sais mes limites. Plus jamais, je ne subirai sans rien dire. Je ne suis plus une petite fille mais une adulte forte et puissante.

J’ai des dettes.

Mon emménagements à Strasbourg m’a valu, bien malgré moi, des dettes. Pôle Emploi est extraordinaire d’incompétences. Quand j’ai eu des indemnités que je ne devais pas, j’ai dû tout rembourser.

Quand j’ai demandé un échéancier de ma dette, quand j’ai tout renvoyé les papiers, je n’ai eu le droit qu’à des mises en demeure ! Quand j’ai quand même réussi à tout rembourser ou presque et que j’ai demandé à rencontrer quelqu’un du service indemnisation et bien elle était d’une incompétence rare.

Je devais à peu près 3000€. Comment j’ai fait pour rembourser ? Vous connaissez le site MyOnlyFans ? Je plaisante (ou peut-être pas). Le plus drôle c’est que je n’avais plus d’argent et que ma mère ne m’a plus parlé pendant un mois. Je lui ai dit texto « maman je n’ai plus rien sur mon compte » et elle n’a rien fait. Je ne lui dois rien.

Anyway, aujourd’hui j’ai reçu une belle surprise et je dois 500 euros à mon ancien employeur dont je devrais faire un article tellement il était malhonnête. Deux discours prévalent : ils ont le droit et malhonnêteté. Bref, je vais devoir refaire des heures sur MOF.

Nous étions les cas sociaux.

Nous étions beaucoup d’enfants donc nous avons déménagé dans un F5. Je dis ça mais dans mon souvenir, nous étions 6 (4 enfants et 2 parents). Bon vous allez me dire, deux de plus ensuite, ça n’a pas grande incidence.

Je me souviens que la petite voisine du septième m’a un jour vu et s’est exclamée : « tu te fais battre par ton père, on t’a entendu pleurer ». Et je me souviens avoir répondu tétanisée « non c’est faux ».

Ma peur a toujours été d’être une paria, qu’on me fuit comme la peste. Et un jour, j’étais avec mon amie A et on a croisé quelqu’un avec qui je ne m’entendais pas (très longue histoire) et il lui a dit d’approcher. Elle m’a rapportée ses paroles ensuite : « ne traîne pas avec cette cas sociale, elle se fait battre. »

En terminale, mon ex-meilleure amie de l’époque a fait courir le bruit que mon père me battait et que je battais ma mère. Une enquête avait été ouverte pour moi. La vérité c’est que lorsque ma mère me tapait, je me défendais, la vérité toute crue est que quand elle portait atteinte à ma dignité, je lui montrais que je n’avais pas peur d’elle.

Les fenêtres étaient constamment ouvertes chez nous et mon père n’est pas réputé pour être quelqu’un qui parle doucement. Les voisins du dessus ont défilé mais personne n’a jamais rien dit.

J’habitais avec « ma famille » dans un HLM et les murs n’étaient pas très épais. Personne ne m’a jamais demandé si ça allait, mes tantes savaient et n’ont jamais rien fait. Omerta complète.

Pourquoi ? Parce que mon père montrait son doux visage une fois au-dehors ? Personne ne nous a jamais demandé si ça allait. Personne n’a jamais rien fait face à mes hurlements, mes cris, mes pleurs et pourtant c’était quotidien. Mon quotidien.

Ca a démarré de mes 7 ans (enfin selon mes souvenirs mais je pense que c’est encore plus tôt) à mes 27 ans, quand je suis partie à Sélestat. Les coups, les rabaissements, les insultes, la culpabilisation, la parentification, les attouchements aux fesses, les photos de nu moi quand j’étais jeune, les hurlements, les déplacements de vêtements et d’objets, l’autoritarisme primaire, la manipulation, la psy que j’étais devenue et tant d’autres choses dont mon psychisme en colère me protège. Et surtout la peur de mourir.

Je suis quelqu’un de bien.

Quand ton père te répète toute ta vie que tu n’es qu’une pute et une incapable, ton psychisme le pense. Et il faut des années de travail acharné avec divers psychologues et surtout de l’éloignement pour comprendre que c’est faux.

Je ne suis pas parfaite mais je suis quelqu’un de bien. A cause de mon trouble borderline (ou bipolaire selon certains psychiatres), j’ai fait du mal à quantité de filles par peur de l’abandon (non ce n’est pas logique). J’ai été absolument abominable dans mes colères avec mes frères et sœurs quand j’étais adolescente.

Je suis quelqu’un de bien car j’ai décidé de me prendre en charge. J’ai éloigné ma colère (oui si votre environnement est toxique, partez LOIN très LOIN) et j’ai décidé de vivre.

Je ne sais pas si le pardon existe dans mon existence. Je ne sais pas si le pardon aide mais l’éloignement permet de comprendre certaines choses et de prendre conscience que ce n’était pas de ma faute.

Pourtant je reste avec mes troubles, je suis paranoïaque (et ce n’est pas un euphémisme, j’ai l’impression que certaines personnes me veulent du mal mais j’arrive à me contrôler), je n’arrive pas pleinement à maîtriser mes émotions (elles surchauffent toujours). Même si mon trouble est apparue avec mon climat familial, il faut se demander : et maintenant, je fais quoi ?

Et moi j’ai décidé de me sauver. Ca a commencé en 2017 quand j’ai choisi de partir de chez mes parents alors que j’étais éducatrice. Je pensais sincèrement et très naïvement qu’il fallait mon permis avant (je pensais faire les choses bien).

Ensuite je suis partie en 2019 (après un troisième séjour en HP) avec le projet de partir enfin à Strasbourg et je suis allée à Sélestat car je n’ai pas trouvé d’appartement. Je n’ai rien lâché et en 2020 en décembre, j’emménageais dans mon appartement actuel à Strasbourg.

Pourquoi Stras ? Parce que j’y ai vécu les plus belles années de ma vie. Enfin la plus belle année de ma vie en 2011-2012 en Arts du spectacle. Je suis quelqu’un de bien parce que malgré mon passé et mes troubles, je ne veux faire de mal à personne.

Je donne parfois aux personnes nécessiteuses. Je fais des compliments aux personnes qui me sont proches et j’essaye de les valoriser. Les mots détruisent, je ne le sais que trop bien mais ils réparent aussi. Toi qui lit ses lignes sachent que tu es capable et précieuse et que tu vaux le coup.

Je ne veux écraser personne et je crois beaucoup en la fraternité. Mais, et cela peut sembler paradoxal, je sais me protéger, me mettre des œillères. Je ne peux pas sauver les gens à leur place et je décide de me sauver moi. Sauf si un enfant, une femme ou un homme est victime de violences devant moi. Je ne peux pas avoir des œillères pour ça.

Je n’ai besoin de l’aval de personne pour savoir que je suis quelqu’un de bien. Mon hypno a réussi à rallumer la lumière en moi. Mais c’est moi qui maintient ma flamme intérieure. Je suis quelqu’un de bien et ma vie ne fait que commencer.

Si tu viens par hasard sur mon blog et que tu cherches des réponses, la réponse est oui. BARRE-TOI DE TON ENVIRONNEMENT TOXIQUE TRES TRES TRES TRES LOIN. Bonne soirée.

Il faut que je maigrisse.

Quand j’étais petite, j’étais grosse. La médecin m’a dit de maigrir et j’ai perdu par ma seule volonté 14 kilos. De mes 12 ans à mes 18 ans, j’étais mince.

Enfin j’avais des formes mais j’étais mince. Et puis est apparu l’hirsutisme. Pour faire court, j’ai des poils comme les mecs mais en moins grosse quantité. J’ai eu donc de mes 19 ans à mes 27 ans de l’androcur (maintenant fortement déconseillé comme il cause des méningiomes) et de l’estréva (hormones féminines) pour régler tout ça.

Cela a vraiment été une libération pour moi d’avoir ses deux médicaments. J’ai les ovaires polykystiques et sachez que cela cause aussi des cancers, du diabète etc… Bref, ça m’a fait prendre du poids. Pas beaucoup mais suffisamment.

Et puis la dépression est apparue avec son lot d’hospitalisations. J’ai pris 55 kilos. Je suis passée du 44 au 54.

Quand je me regarde dans le miroir, je me trouve moche. J’ai la moindre difficulté à monter les marches, je ne peux plus faire des mouvements comme avant, je marche lentement alors que même mince je ne marchais pas vite et j’ai mal à des articulations dont je ne soupçonnais pas l’existence alors OUI, il faut que je maigrisse.

Je vois aussi un hypnothérapeute pour cela car non, tout n’est pas qu’une question de volonté, vraiment pas. Je suis grosse et je vais maigrir.

Ce que C a changé dans ma vie.

C, c’est ma petite chatte. Elle a trois ans et c’est un Amour de chat. Bon, elle ne peut clairement pas saquer quand je lui fais des bisous et quand je la mets dans la cage pour aller chez le véto.

Elle a une peur panique de la cage. Elle vient de la rue, on ne sait pas forcément son histoire. J’ai voulu un chat… tout le monde me le conseillait mais je pense que que j’ai besoin d’une présence, j’ai besoin de m’occuper de quelqu’un.

Ca n’a pas été comme je l’imaginais. Je n’ai rien ressenti en la voyant dans sa famille d’accueil, C m’ignorait. Elle s’amusait avec le petit chien de la dame. Je veux dire que je n’ai pas eu de coup de coeur pour elle.

C’est ma chérie qui m’a dit « allllez prends-la! » et pas convaincu du tout, je l’ai prise. Je me rappelle encore quand elle se planquait derrière la machine à laver. Au début, elle restait dans son coin puis elle a commencé à gratter la porte de ma chambre, le soir.

C’est encore une fois ma chérie qui m’a dit « laisse-la rentrer ». Je ne sais pas comment décrire cela mais elle m’apporte tellement. Quand je ne suis pas avec elle, je pense à elle sinon je m’inquiète pour elle.

Malheureusement pour elle, je ne sais pas encore décrypter le parlé-chat. Mais je capte que lorsqu’elle me sent vraiment mal, elle reste vers moi. La plupart du temps, elle est devant la porte d’entrée quand je rentre. Elle sait exactement que je vais me diriger vers la cuisine donc elle y va.

Pardonnez-moi mais les animaux m’apportent plus que les humains. C. est instinctive avec moi. Je ne vais pas vous mentir, je pense qu’elle me craint un peu mais elle est animale.

Hélas, elle respirait bizarrement et quand je suis allée voir une véto, elle m’a dit que ce n’était rien. Pas convaincue, je suis allée voir une deuxième véto qui m’a dit que c’était des allergies.

Du coup, j’y retourne samedi mais je pense quand même que les vétos se font un sacré business après les besoins de C. passeront toujours avant tout.

Même si je dois avouer que je n’ai pas pu l’emmener au véto tout de suite… je m’en veux encore mais j’ai fait comme je pouvais. Et aux léchouilles qu’elle me fait parfois sur le visage, je pense qu’elle sait que je fais comme je peux et que je l’aime vraiment très très fort, c’est un membre de ma famille. C’est ma famille, C. Un an déjà…

Elle me donne une force incroyable, une responsabilité que je n’avais plus. Qu’on s’entende bien, si un jour vous adoptez un animal, ce n’est pas lui le plus chanceux, se sera vous.

Sources images : , ici et et puis ici.

Comment je vais.

Je suis en arrêt. Et je n’arrête pas de sortir. Pour les maladies mentales, mes psychiatre et psychologue précédents n’ont eu cesse de me répéter qu’il fallait agir. Qu’il fallait absolument détourner la pensée.

Je me promène, j’achète des bricoles, je mange, je dors, je fais des poutous à ma chatte et elle me regarde avec dédain mais je l’aime quand même. Ca va bien parce que je sais que je suis ma propre sauveuse et que tout dépend de moi.

Je sais aussi également que je vais quitter mon travail, que je vais faire autre chose de mieux. Autre chose qui me correspond mieux. J’ai abandonné l’idée d’être éducatrice car je dois gérer mon psychisme alors gérer d’autres personnes… je me renseigne, je m’informe bref je ne lâche rien. Je me bats pour moi et mon propre bonheur.

Les grandes villes.

J’aime les grandes villes et leur anonymat. J’aime pouvoir me perdre dans les rues, toujours découvrir de nouvelles choses. J’aime observer le petit garçon concentré sur sa trottinette.

J’aime voir l’autre garçon concentré également qui court rejoindre ses amis pour une partie de cache-cache. J’aime voir cette femme au dos nu qui enlace son copain et qui marchent tous les deux d’un air amoureux et décidé.

J’aime voir des chiens dans la rue et leur sourire, voir les airs concentrés, parfois leurs airs malicieux. J’aime marcher et atterrir le long de la Place Kléber, être dedans et me diriger tranquillement vers une autre rue.

J’aime découvrir de nouveaux magasins sans y entrer, j’aime découvrir des devantures et m’y arrêter parfois. J’aime me balader et me sentir chez moi, ancrer à Strasbourg.

Source image

Doux rêve.

J’ai fait un doux rêve aujourd’hui. Enfin hier soir. Mais aujourd’hui très tôt ce matin. Je parlais à ma soeur (pas celle de l’article précédent) (enfin si mais celle qui est partie en Angleterre) et en fait on parlait (je ne sais pas par quel miracle) NORMALEMENT.

On se retrouvait comme des soeurs, elle me disait qu’elle était enceinte et que je serai la marraine (je mens pour ce dernier point). Mais j’ai cette forte impression de complicité fraternelle et surtout de relation saine !

D’habitude elle me prend de haut. La dernière fois que je l’ai vue, elle m’a fait savoir combien son travail, son habitation était meilleur que ma situation. Et quand j’ai emménagé à Strasbourg, elle m’a dit : « Pourquoi tu déménages ? **** n’était pas bien ? » au lieu de « Génial , on habite la même ville ! On se voit quand ? »

Je n’ai jamais eu un soutien permanent de cette soeur, elle n’a jamais pris de mes nouvelles autrement que par intérêts. J’aime surtout savoir (enfin savoir…) comment on en est arrivée là ?

Comment on peut faire partie d’une même famille et à en être à ce degré d’indifférence et de mépris ? Contrairement à mon article précédent, j’ai fait mon deuil de cette relation avec cette soeur depuis longtemps !

PS: Ce n’est pas ma soeur jumelle.

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